Accessibilité RSE Portrait

L’Accessibilité numérique en agence digitale : Pourquoi est-ce indispensable ?

Par Elodie Beucher, le 23 juin 2022 à 11:42

Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir comment l'accessibilité numérique s’intègre dans les process de l’agence digitale Razorfish. 

Razorfish, du Groupe Publicis, est l’agence leader en France du marketing digital. 

Impliquée dans un digital créatif et responsable, la mission de l’agence est de faire du digital “GOOD” pour tous, pour les utilisateurs, les entreprises et la société.  

Cette mission est également celle d’IPEDIS et c’est donc assez naturellement que nous sommes amenés à être partenaires sur un certain nombre de projets digitaux. 

Rencontre avec Lison Ballevre, Manager du pôle CX/UX ainsi qu’Éric Martin, Tech Lead chez Razorfish.

Interview Razorfish photos

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Lison : Je travaille en agence depuis une quinzaine d'années. D’abord comme directrice artistique puis je me suis formée au métier de l’UX à l’école des Gobelins. J’ai eu différentes casquettes toujours en agence digitale, directrice artistique, UX designer, consultante CX. Aujourd’hui, je pilote le pôle CX/UX de l’agence rattachée au pôle expérience.

 

Éric : Je suis développeur de formation et je travaille dans le web depuis plus de 20 ans. 
Je me suis spécialisé dans le front end et notamment dans l'accessibilité en arrivant chez Nurun, qui a été intégré à Razorfish et fait partie du Groupe Publicis. 

Webinar, comment travailler l'accessibilité numérique et la clarté des contenus.Quels sont vos métiers et vos missions au sein de l’agence ?

Lison : Notre mission est de concevoir la meilleure expérience/produit/service possible. Celle qui aura le plus de valeur pour nos clients et pour leurs audiences. Nous intervenons à chaque étape des projets depuis la prise de brief, jusqu’à la livraison du produit/service, en synergie avec les autres expertises de l’agence : planning stratégique, data, SEO,UI, tech…

Nos activités sont variées, depuis la recherche jusqu’au design des solutions. Nous accompagnons nos clients dans la définition de leurs projets, en représentant la voix des utilisateurs. C’est aussi pour cette raison que nous sommes sensibles aux sujets d’éco-conception et d’accessibilité, pour porter la voix des utilisateurs. Créer des solutions vraiment utiles pour eux.

 

Éric : Je suis lead tech front-end et référent accessibilité chez Razorfish. Notre mission est de produire des sites et pages web qui répondent aux demandes client avec une qualité qui correspond aux attentes des utilisateurs. L’accessibilité est un critère de qualité important.  

Je mets à jour les connaissances et les compétences des équipes internes et notamment à travers des formations. Mes missions s’articulent principalement sur la partie développement, mais j’interviens de manière transversale au sein de l’entreprise notamment pour l'accessibilité. 

 

Quelle est la place de l’accessibilité numérique aujourd’hui dans votre métier ? 

Lison : Chez Razorfish, on voit l’accessibilité numérique comme un passage obligé pour assurer la réussite de nos projets. Nous, on essaie de faire des expériences qui sont les plus utiles et les plus efficientes possible. Qui dit utile, dit servir ses audiences et servir ses utilisateurs. En tant que CX/UX, on représente vraiment la voix des utilisateurs. Notre objectif, en somme, c'est forcément d'avoir la meilleure expérience possible pour nos consommateurs et donc accessible.

Cela ne veut pas dire que c'est parfait, mais ce sont quand même des choses que l’on prend énormément en compte au sein de l'agence. En tout cas, on respecte les bonnes pratiques et les règles d'accessibilité.

Mais globalement avec cette stratégie du good que l’on a en interne, il est clair que cela fait partie de notre quotidien.

 

Éric : Sur l'aspect technique également. L'accessibilité fait partie des critères qui nous influencent dans les choix que l’on fait au quotidien pour coder, pour résoudre un problème technique… 

Cela fait partie des prismes par lesquels on entrevoit les problèmes, et ce depuis longtemps. La différence aujourd’hui, c'est que c'est devenu une obligation légale pour les grandes entreprises. Ce qui nous fait redoubler d’efforts et l'appliquer de manière beaucoup plus rigoureuse. La plus grosse différence est que l’on a un budget alloué. Ce qui n'était pas le cas avant. Avant, on le faisait plutôt par bonne pratique parce que cela nous permettait d'orienter nos choix. Mais maintenant, c'est davantage considéré dans le cadre des missions. On prend du temps vraiment pour réfléchir, pour se poser sur ce sujet. Aujourd’hui, une solution non accessible n’est plus une solution. 

 

Lison : En effet, cela fait longtemps que l’on utilise des outils pour tester, notamment la conception, les contrastes... Mais aujourd'hui, les clients en ont besoin, donc dans les arbitrages il y a un petit changement aussi dans la balance, cela va avoir plus de poids.

 

Éric : La pondération n'est plus la même.

 

Et au sein de l’agence, quelle place occupe l’accessibilité numérique ?

Lison : Comme indiqué précédemment, chez Razorfish, nous tendons vers les good products. Cela veut dire que toute la chaîne de valeur est impactée et ce, dès le cahier des charges. Après, on sait qu’il y a des arbitrages et des typologies de projets dans lesquels l’accent va plutôt être mis sur l'écoconception ou alors sur l'accessibilité. Cela reste des piliers qui sont complémentaires aux produits que l’on réalise. 

Toutes les expertises de l'agence fonctionnent en synergie, à certains moments plus qu'à d'autres ; mais en tout cas, sur toute la chaîne de valeur depuis la prise de brief jusqu'à ce que le produit soit en ligne. Nous sommes tous impliqués dans le projet, toutes les équipes travaillent pour un but commun : rendre le produit accessible.

 

Éric : Quoi qu’il en soit, nous voulons nous positionner comme une entreprise vertueuse d'un point de vue humain, sociétal, environnemental et business. Les aspects d’accessibilité en font partie au même titre que la sobriété qui est aussi un point important.

 

Comment vous êtes-vous formés à l’accessibilité numérique ?

Éric : Je suis formé AccessiWeb depuis 12 ans. On se forme aussi avec le métier, au fil de nos expériences. En tant que référent, je fais en sorte d'être à jour, de me confronter aux problèmes et d'y répondre. 

 

Lison : Je n’ai pas encore ma certification, mais à mes débuts, j’ai travaillé pour une agence certifiée AccessiWeb. Donc, tout ce que l’on faisait devait être conforme à la norme. Pendant deux ans, j'ai conçu des interfaces qui étaient entièrement accessibles. C'est ainsi que je me suis formée. 

 

L’accessibilité numérique est très peu enseignée, pourquoi selon vous ?

Éric : Je pense que l’accessibilité souffre de clichés. Premièrement, l’accessibilité est encore considérée comme exclusivement réservée aux personnes en situation de handicap important telles que des non-voyants ou des formes de handicaps physiques sévères. Alors que nous savons que nous sommes tous potentiellement handicapés de manière définitive, temporaire ou situationnelle. Que cela ne s’adresse pas à une minorité, mais à toutes les catégories de personnes représentant la majorité de la population. 

Ensuite, l'accessibilité est souvent perçue par les métiers et par certains de nos clients comme un ensemble de contraintes qui vont brider la créativité dans la réalisation des interfaces. Je pense au contraire que la créativité se nourrit des contraintes. Ce sont les limites et les contraintes qui poussent l'innovation ainsi que la créativité et qui font naître de nouveaux produits/services.

Quoi qu'il en soit, cette perception est surtout mue par un manque de connaissances sur le sujet. Les règles d'accessibilité ne sont pas limitantes d’un point de vue créatif, et moins compliquées à intégrer lors des phases de conception qu'on ne se l'imagine de prime abord. 

Je milite personnellement pour faire comprendre à chacun que respecter les règles d'accessibilité permet avant tout de concevoir de meilleures expériences client.

 

Parmi les profils que vous recrutez dans l’agence, les compétences en accessibilité numérique sont-elles importantes ? 

Lison : D’abord, je ne vois pas l’accessibilité numérique comme un critère aujourd'hui mais comme une obligation. Je ne vais pas considérer que les candidats doivent avoir cette connaissance obligatoirement pour intégrer le pôle CX/UX. En revanche, quand ils travaillent sur les projets avec nous, ils vont être formés s’ils ont peu de connaissances et ils vont devoir en tenir compte. 

Dans le recrutement, on misera plus sur la curiosité, l'intérêt pour cette typologie de sujet. Nous voulons des candidats qui sont alignés avec les valeurs de l'agence et qu'ils aient à cœur de créer des good products avec nous.

L’avantage en interne est que l’on a les ressources pour délivrer beaucoup de formations à destination des nouvelles recrues, pour les accompagner dans la conception de produits de qualité et accessibles.

 

Éric : En ce qui me concerne, quand je passe des entretiens, je pose des questions sur l'accessibilité afin de savoir s'il y a une certaine culture ou un certain savoir. Mais cela ne fait pas partie des critères qui vont conditionner le recrutement. C'est rare d’avoir des profils qui possèdent déjà ces connaissances ou qui y sont formés. Dans tous les cas, en front developpement, l'accessibilité est la première formation qui est suivie chez Razorfish.

 

Lison : L'accessibilité, en conception, c’est presque « consanguin ». Un produit utile et utilisable est a priori plutôt accessible. Après évidemment, la question est de savoir jusqu'où nous allons dans cette accessibilité. En tant qu’UX, on essaie de travailler sur le produit le plus accessible possible au plus grand nombre. Notre objectif est de servir nos publics et cela fait partie intégrante des métiers de l’UX.

 

Quelle sera selon vous la place de l’accessibilité numérique dans les prochaines années et notamment en agence digitale ? 

Éric : La tendance montre le début de la prise de conscience qui est notamment lié à la législation. L'accessibilité va devenir un critère de qualité à part entière au même titre que des paramètres existants comme la performance. À mon sens, l'accessibilité est un des piliers pour conserver Internet dans son aspect universel, qui est par essence un outil d'échange, de partage, d’accès à un savoir universel. Tout comme l'éco-conception et la sobriété numérique qui sont aussi des façons de lutter contre la fracture numérique… Et ce afin d’avoir un outil vertueux pour tous.

 

Lison : En conception, on constate que c’est quelque chose qui a toujours été important et qui aujourd'hui devient obligatoire. 

Chez Razorfish, on va avoir des défis à relever. J'ai l'impression qu'il y a un double mouvement entre le besoin d’avoir des sites de plus en plus responsables intégrant toutes les bonnes pratiques d’accessibilité, et des consommateurs qui sont lassés d’un monde un peu uniformisé, lissé… On utilise donc les nouvelles technologies pour réaliser des expériences digitales innovantes.

Notre challenge dans les années à venir, c'est vraiment de réunir ces deux perspectives au maximum et justement de trouver des moyens de traiter ces cas limites tout en gardant ce qui fait notre supplément d'âme et la richesse de nos expériences.

Pour des agences digitales comme Razorfish qui tend vers une amélioration continue de leurs services, l’aspect qualité ne représente qu’une partie des défis à relever. Ces entreprises ont compris depuis longtemps l’importance de l'accessibilité numérique dans la conception de good products. Des produits et services qui sont accessibles au plus grand nombre.

C’est dans cette optique qu’IPEDIS intervient et collabore avec les agences de communication. Pour accompagner, in fine, les entreprises dans la mise en application de l’accessibilité numérique et de facto les aider à mettre en conformité leurs ressources web.

Des projets toujours plus intéressants et innovants qui s'inscrivent dans une dynamique d’inclusion numérique.

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Elodie Beucher

Elodie Beucher

Elodie est Responsable Marketing et Communication IPEDIS. Elle pilote la stratégie marketing et notamment la partie contenu du blog. Son expérience client dans d'autres secteurs d'activité et sa vision 360 lui permettent d'aborder l'ensemble des thématiques autour de l'accessibilité numérique.

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